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Alimentation consciente

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Notre cerveau est une machine à traiter des informations et à générer des réponses adaptées. Vu le grand volume d’information reçu, le cerveau a besoin de les simplifier, de les décortiquer pour pouvoir les traiter plus facilement et plus rapidement. La conséquence c’est que nous avons d’une part, développé une conscience complexe et d’autre part, nous avons développé un regard assez réducteur, statique et déconnecté vis-à-vis de nous-même et du monde que nous entoure.

Pour la nourriture il y en va de même. Il y en a ceux qui voient dans l’alimentation un simple besoin physiologique, souvent dépourvu de plaisir. D’autres, utilisent l’alimentation juste pour se faire plaisir, en oubliant assez souvent que l’on est ce que l’on mange.

Et pourtant la nourriture n’est pas seulement notre combustible, mais elle est aussi une expérience sensorielle et une expérience sociale. Manger, c’est aussi de la conscience.

En prêtant attention, on découvre que l’alimentation n’était pas une obligation ou simplement un besoin physiologique, mais une vrai expérience sensorielle, riche et plaisante. On peut la savourer à travers les couleurs qui se mélangent, le goût et les odeurs relevés par des épices, le bruit et la texture de chaque aliment dans la bouche et dès que possible, même la sensation agréable de manger directement avec les mains. Bien évidement, cela nous mène vers une alimentation plus consciente. Au-delà de la saveur et du plaisir, on veut aussi choisir soigneusement ce qui va par la suite constituer notre corps. Son origine, sa cohérence avec notre mode de vie et notre éthique, sa qualité, sa valeur nutritionnelle, son impact sur notre santé et sur la santé de l’environnement.

Finalement, nous savons tous, depuis toujours, que manger, c’est aussi partager. Le repas est un moment convivial et qui crée ou renforce des liens entre les gens, qui ce soit au sein de la famille, entre amis, entre collègues de travail ou même avec des inconnus. Si on est ce que l’on mange, inconsciemment, lorsque l’on partage la nourriture, on se sent constitué de la même substance, on se sent une partie d’un tout, on est intégré, interconnecté.

L’écrivain et philosophe brésilien DeRose dit une chose sur laquelle je suis toute à fait d’accord. Il dit que lorsque nous sommes capables de vivre intégrés à ce qui nous entoure, notre capacité de réalisation augmente, tant de manière quantitative que qualitative. L’évolution personnelle ne fait sens que si elle se reflète sur la société, l’environnement, l’humanité et le monde en général.

Manger de manière consciente c’est la clé pour une vie plus saine, plus lucide et plus épanouie. Cela implique tenir compte simultanément de la nutrition, du plaisir, du partage et de la conscience au sens large.

Voici le lien de ma conférence TEDxIstec sur le sujet :

https://www.facebook.com/methodederoserivegauche/videos/1227730073905113/

Comment développer l’intuition ?


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Comment apprendre à s’écouter et à développer son intuition ? L’intuition est à un niveau au-dessus du mental. Comme le disait Albert Einstein :  » Le mental intuitif est un don et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons crée une société qui honore le serviteur et a oublié le don. »

Pour développer la capacité intuitive, il est nécessaire d’apprendre à arrêter l’instabilité et les dispersions mentales. Voici quelques astuces :

1. Entraînez votre capacité d’abstraction

Notre plus grand facteur de dispersion mentale est notre propre corps, qui capte à travers les cinq sens beaucoup d’information de manière continue. Si nous travaillons pour développer une bonne forme et bien-être physiques, nous serons en mesure de faire abstraction de cet avalanche d’information. Cela est le premier pas pour réussir à nous concentrer. Lorsque nous maîtrisons cet état d’abstraction et parvenons à le prolonger suffisamment,  nous atteignons l’état de concentration. Il existe plusieurs techniques pour entraîner l’abstraction. Une des techniques consiste à se concentrer sur un son de base (d’une montre ou d’un métronome, par exemple) et puis de rajouter un autre son(une musique, par exemple) progressivement plus fort jusqu’à un volume maximum, tout en écoutant, tout le temps, le son de base. Sinon,  vivre le moment présent en est aussi un bon exercice d’abstraction !

2. Développez votre concentration

La concentration consiste à garder le focus sur une chose ou tâche mentale. Il existe de nombreuses techniques de concentration. Un entrainement intéressant est de compter mentalement de 1 à  100, de la manière suivante : 1-100, 2-99, 3-98…50-51. Lorsque nous maîtrisons et parvenons à suffisamment prolonger l’état de concentration, on atteint l’état de conscience qui est immédiatement au-dessus du mental, l’intuitif.

3. Cherchez à vous observer

L’observation de soi constitue un entrainement de concentration per se. En outre, nous observer,  nous permet de mieux nous connaitre et de mieux développer discipline et capacité de changement.

4. Développez discipline

La discipline est nécessaire à la réalisation de toute chose. C’est elle qui nous permet de s’engager dans l’action et dans l’entraînement requis pour atteindre un objectif quelconque et de persévérer pour arriver jusqu’au bout. Néanmoins, « la liberté est notre bien le plus précieux » (DeRose). Si la discipline fait violence à la liberté, optez toujours par la liberté.

5. Entraîner la méditation

L’entraînement de méditation fait de manière isolé n’est pas très efficace et peut même ne pas être anodin. À l’origine, la méditation faisait partie d’un ensemble de techniques très ancien, datant de plus de 5000 ans dans la région de la Vallée de l’Indus.  Plus tard, selon des études archéologiques et anthropologiques, ainsi que selon la mythologie,  ces techniques ont donné origine à certains arts martiaux et philosophies pratiques. Historiquement, la méditation a été adopté ensuite par d’autres philosophies. Et aussi de nombreuses méthodes de méditation isolée (en dehors du cadre dans lequel elle était à l’origine) ont été créée. Toujours est-il qu’il est connu aujourd’hui que cet état de conscience (ou l’entrainement pour l’atteindre) mène à une augmentation des perceptions et à un renforcement des processus cognitifs et d’attention. Cet état de conscience méditatif est au-dessus du mental et s’appelle aussi « intuition linéaire ». On pourrait dire que le développement de l’intuition équivaut à apprendre à piloter un petit avion qui nous fait prendre de la hauteur et voir plus clair et plus loin, en-dessus des nuages.

Venez découvrir !

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeROSE à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Haute Performance Sportive – Polo

Pour développer sa meilleure performance dans le sport, il est nécessaire de travailler sur la préparation technique et tactique spécifique du sport en question, la préparation physique et la préparation mentale. La Méthode DeROSE procure un travail intense et puissant sur ce deux derniers, qui font souvent la différence entre un sportif commun et un champion.

Savez-vous gérer votre espace mental ?

Le siège de la pensée consciente est comme un tout petit appartement

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Le siège de la pensée consciente est comme un tout petit appartement

Quand on parle du « mental », on est souvent en train de parler de notre pensée consciente, qui se produit au niveau du cortex pré-frontal. Une des grandes limitations concernant cette région est le manque d’espace, mais aussi la grande consommation d’énergie.

Imaginez un très petit appartement, de 20 mètres carrés, où l’espace doit être optimisé, pour que l’on puisse faire à manger, dormir, ranger ses affaires et avoir de la place lorsque l’on ne fait aucune de ces choses-là. On pourrait imaginer un appartement style « lego », ou tout est modulable et peut apparaître et disparaître de la vue, selon le besoin. Ce petit espace pourrait ainsi être transformé dans espace infini, multi-fonctionnel, où plusieurs scénarios différents sont envisageables. Il se passe exactement de même dans le cortex pré-frontal, où l’espace est limité et tout doit être rangé de façon modulable et de manière à laisser de l’espace libre pour que les fonctions cognitives puissent bien se dérouler quand il faut.

Les fonctions cognitives consomment plus d’énergie que l’on ne pense

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Les fonctions cognitives utilisent beaucoup d’énergie

Il y existe cinq fonctions qui construisent la majorité de la pensée consciente : comprendre, prendre de décisions, rappeler une information, mémoriser et inhiber. Elles s’assemblent de différentes façons pour rendre possible toutes les fonctions cognitives (planifier, résoudre des problèmes, communiquer, etc.). Ces fonctions utilisent intensivement le cortex pré-frontal et utilisent beaucoup plus d’énergie que l’on ne pense. La pensée consciente est ainsi une ressource précieuse à conserver. Le défi dans ce contexte est d’apprendre à optimiser l’utilisation d’énergie pour les fonctions cognitives plus importantes à un moment donné. En revenant à l’exemple du petit appartement, ce serait l’équivalent à laisser la lumière allumée et focalisée seulement dans le coin utilisé, au lieu de la laisser allumée par tout. De plus, on peut penser à utiliser des lampes économiques, qui illumine tout pareil, en dépensant moins d’énergie que les lampes communes. Voilà ce qui se passe dans le cortex pré-frontal. Souvent, cela est un des grands obstacles pour une bonne performance mentale, vu que la plus part du temps, on laisse toutes les lampes allumées par tout, en gaspillant cette énergie limitée et précieuse.

Cinq astuces pour la gestion de l’espace mental

La gestion de l’espace mental est donc basée sur le développement de la capacité d’inhibition, c’est-à-dire d’être discipliné en ce qui concerne ce que l’on ne doit pas laisser monter sur la scène. Le moins de variables on doit garder en tête, le plus efficace est la prise de décisions ou d’autres processus cognitifs.

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Apprendre à stabiliser la pensée nous permet de développer la capacité intuitive et mieux gérer le mental

Pour se faire, on doit apprendre à :

  1. Ne pas penser quand on n’en a pas besoin 
  2. Ne pas prêter attention à de tâches non importantes, jusqu’à que ce soit vraiment nécessaire ;
  3. Dire « non » à ce qui n’est pas prioritaire ;
  4. Déléguer ;
  5. Ne pas dépenser l’énergie mentale pour résoudre des problèmes sur lesquels vous savez que vous auriez plus d’information après. 

Savez-vous comment le faire ? Nous avons des outils puissants pour cela, mais nous aimerions bien connaître vos propres techniques et astuces. N’hésitez pas à les partager dans les commentaires !

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Construisez votre réalité… et votre avenir !

La vie, elle est faite pour la vivre et non pour la subir. On oublie souvent qu’on peut et qu’on doit avoir un rôle actif dans la construction de notre vie et de notre avenir. On passe la plupart du temps à se plaindre de choses qui nous arrivent sans se rendre compte qu’on y est pour beaucoup.

Faisons une comparaison de notre vie et notre avenir avec le tir à l’arc. Au départ, l’archer a toutes les flèches posées dans son carquois. À cette étape là, il a cent pour cent de choix. Il peut choisir de prendre ou pas une flèche, il peut choisir la flèche, la cible, la direction, enfin, il peut tout choisir. Une fois que l’archer a choisi sa flèche, il a encore le libre choix. Il peut la remettre dans le carquois ou la lancer dans la direction et distance souhaitées. L’archer va armer l’arc en pointant la flèche en direction de la cible et là encore il a le choix. Il peut changer la cible ou la tension qu’il va mettre dans l’arc. Il peut même renoncer à  tirer. La dernière étape, c’est le tir. À partir du moment où l’archer tire la flèche, il ne peut rien faire de plus. Il ne peut qu’attendre et accepter le résultat, qu’il soit bon ou mauvais. Notez que dans deux tiers des étapes, l’archer a cent pour cent de choix. Il y a seulement un tiers sur lequel il n’a plus de prise.

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Notre vie, c’est exactement pareil. Dans toutes les situations, nous avons deux tiers de libre choix. Et après avoir fait tout ce qui était possible, c’est le moment de lâcher prise, puisque la flèche est déjà lancée. Cela paraît très simple, n’est-ce pas ?

En effet, la théorie est simple. Mais la pratique implique certaines complexités, concernant nos conditionnements et notre mode de fonctionnement. Notre cerveau réalise quatre-vingts pour cent de tout ce que nous faisons à l’insu de notre conscience, c’est-à-dire, de manière inconsciente et automatique. Cela est le cas pour nos conditionnements qui constituent des comportements ou des réponses automatiques face à une situation donnée.

Ainsi, pour devenir un archer et entreprendre la construction de notre réalité et de notre avenir, le premier entrainement est de faire agir le conscient sur l’inconscient. Nos automatismes constituent un avantage évolutif, car ils nous permettent d’agir plus rapidement tout en dépensant moins d’énergie que notre « cerveau conscient ». Notre comportement et nos décisions sont quasi complètement guidés par l’inconscient. Pour changer un comportement ou un conditionnement, il faut donc faire une sorte de reformatage de notre cerveau, en faisant rentrer dans notre mémoire inconsciente ce que l’on veut consciemment changer, comment on veut être, ce que l’on veut accomplir. La Méthode DeROSE utilise des techniques très puissantes et efficaces pour cela et qui sont basées, entre autres, sur une association de décontraction et d’imagerie mentale. En effet, à travers ces techniques nous faisons travailler le conscient sur l’inconscient et ce dernier, par la suite, va guider nos attitudes et notre comportement, toujours de manière automatique, mais cette fois-ci, dans la direction que nous avons consciemment choisie.

Il est évident que le contexte dans lequel nous sommes insérés joue un rôle important dans cette entreprise, car nous sommes fortement influencés par les groupes auxquels nous appartenons.  Dès qu’il y ait deux personnes ou plus unies dans un quelconque but commun, il y a une force grégaire qui se crée et qui est constituée de la combinaison de l’énergie physique, des émotions et de la pensée de chacun. C’est pour cette raison que la force d’un groupe est toujours plus puissante que celle d’un individu. Cette influence du groupe devient très claire lorsque l’on pense à tous les groupes sociaux que nous pouvons intégrer : la famille, les différents cercles d’amis, le groupe professionnel, le sport, l’art, etc. Cherchez à vous observer dans chacun de ces environnements. Observez comment votre comportement peut changer, selon le groupe. Quel est l’effet de chacun de ces groupes sur vous ? Une fois que nous avons compris la répercussion du groupe sur notre comportement et même sur notre modèle de fonctionnement mental, nous pouvons choisir consciemment les groupes sociaux que nous fréquentons, de manière à utiliser cette force grégaire en faveur de nos projets.

Finalement, pour une telle entreprise, la motivation, le focus et le dépassement de soi sont indispensables. Ces trois caractéristiques se développent et s’entraînent dans la vie de tous les jours, mais aussi à travers de nombreuses techniques permettant de nous observer et de changer notre attitude mentale. Le chemin est long, mais très gratifiant et épanouissant. Alors, commençons l’entrainement dès maintenant et profitons du chemin.  Construisons notre réalité !

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau… lorsqu’on médite

« L’idée est un arrêt de la pensée »

Henri Bergson

Face à l’intense activité du cerveau, la pensée a tendance à se disperser. Ainsi nous sommes constamment occupés à capter des idées, à évoquer des souvenirs, à faire des comparaisons, des associations, etc. Tout cela de manière inconsciente. Le cerveau choisi « tout seul » les informations qui vont être considérées importantes et qui sont, donc, à traiter et à garder, et celles qui vont être rejetées. Une telle activité mentale non focalisée fait que, dans la plupart des cas, nous sommes envahis par une multitude d’informations extérieures et déconnectées de nous. Nous devenons des penseurs passifs, incapables de guider notre réflexion. Sur cela, l’historien et philosophe Mircea Eliade dit : « sous les apparences de la pensée, se cache, en fait, un scintillement indéfini et incontrôlé, alimenté par des sentiments, des mots et de la mémoire. »

En effet, notre cerveau est un instrument magique, capable d’accomplir, à l’insu de notre conscience, 90% de tout ce que nous faisons, que nous soyons éveillés ou non. Presque toute notre vie mentale est un mélange des processus conscients et inconscients qui se consolident mutuellement, notamment lorsque la motivation entre en jeu. Le « cerveau conscient » utilise beaucoup plus d’énergie et est plus lent que le « cerveau inconscient » ou automatique. Pour cette raison, le cerveau fonctionne la plupart du temps en évitant, dès que possible, d’utiliser sa partie consciente pour s’épargner de l’énergie et pour agir plus vite. Ainsi, même si on se croit très rationnel, notre comportement et nos décisions sont plutôt guidés par notre inconscient.

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Est-ce qu’on est capable d’agir sur cette partie inconsciente ? Est-ce qu’il y a un interêt quelconque à arrêter consciemment ce tourbillon de pensées qui nous guident malgré nous ?

Actuellement, nombreuses sont les études comportementales, en électrographie et en neuro-imagerie, qui montrent l’importance de la recherche sur les états de méditation. La méditation est un état de supra-conscience, obtenu par la suppression de l’instabilité de la conscience, c’est-à-dire, par l’arrêt de la pensée ou des dispersions mentales. Selon cette définition érudite, le terme ‘méditation’, qui en occident signifie « action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose » (Larousse), n’est pas tout à fait correct, mais comme il a été universellement accepté, nous n’allons pas l’exclure.

Ces études permettent en effet de mieux comprendre le processus cognitif et la neuro-plasticité émotionnelle, ainsi que le processus attentionnel et la conscience de soi. De plus en plus de travaux scientifiques examinent les effets de la méditation sur le cerveau, les émotions et le corps physique dans son ensemble. Ces travaux montrent que l’état de conscience méditatif contribue à restructurer la perception, ce qui induit des changements importants dans le lobe frontal et ses fonctions cognitives. Ainsi, la méditation aboutit, entre autres, à une augmentation des perceptions et à un renforcement des processus cognitifs et attentionnels. Il a été démontré que l’état méditatif se caractérisait par une augmentation de la puissance des ondes cérébrales de type thêta, notamment au niveau du lobe frontal. Cette augmentation de l’activité thêta signifie une augmentation de l’activité au niveau de la cognition et de la conscience. Par ailleurs, on a aussi relevé, dans certains contextes une augmentation de l’activité alpha de la partie postérieure du cerveau, normalement liée à un état d’attention interne.

Ces diverses informations nous permettent de comprendre ce qui, lors de la méditation, se produit au niveau du cerveau et de la conscience, dans leur conception neurobiologique. Toutefois, ce qui intervient au-delà du processus mental, c’est-à-dire au niveau de l’intuition, reste pour le moment empirique : bien que ses effets soient incontestables, les mécanismes de l’intuition dépassent ce que notre savoir neurobiologique est capable d’appréhender aujourd’hui.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ? Partie 2

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque l’on fait travailler le corps de manière intelligente ? Et avant tout, qu’est-ce que cela veut dire ? Une même technique corporelle peut être faite dans le contexte de la danse, de la gymnastique, entre autres activités. Ce qui change d’un contexte à l’autre, c’est l’intention que l’on y met et où on place notre attention. Prenons l’exemple de la course à pied. On peut courir en écoutant de la musique, en parlant avec un collègue ou encore sur un tapis roulant, en regardant la télé en même temps. Ou on peut courir en plaçant l’attention sur sa respiration, sur les sensations du corps, concentré sur le moment présent et sur ce qu’on est en train de faire. Dans tous les cas, le travail physique, c’est-à-dire, au niveau des muscles, des articulations, du travail cardiovasculaire, sera presque le même. Mais si on se demande  dans quel cas le travail est plus conscient, il parait évident que c’est lorsqu’on y place notre attention. En effet, la conscience est là où on place notre attention.

La conscience est l’un des mots les plus difficiles à définir, d’autant qu’il n’est pas évident que la conscience, dont la raison est un outil, soit capable de se saisir elle-même. Néanmoins, on pourrait définir la conscience comme la qualité d’être conscient d’un objet extérieur ou de quelque chose en soi-même, une perception sensorielle ou mentale. Effectivement, John Locke, qui est à l’origine du concept moderne de la conscience, la définit comme «la perception de ce qui se passe dans son propre esprit d’homme ». D’après cette définition, l’importance de l’observation et de l’attention pour le développement de la conscience d’une quelconque chose devient claire.

Revenons donc au travail corporel intelligent. Les techniques corporelles travaillées dans la Méthode DeRose, tiennent compte de trois aspects : le physique (la technique elle-même – stable, confortable et esthétique), la respiration (consciente, profonde et rythmée) et l’attitude mentale (concentration, visualisation et intention). Lorsque nous exécutons une technique corporelle ainsi nous prenons, au fur et à mesure, conscience de tout notre corps, de chacune de ses parties, chacun de ses muscles, de ses mouvements. Cette prise de conscience du corps se traduit par l’établissement de nouvelles synapses, c’est-à-dire de nouvelles connexions entre certains neurones.

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En acquérant la conscience corporelle, nous apprenons à travailler le corps selon notre volonté, en le maîtrisant. Non seulement la permanence dans les techniques corporelles nous procure un apport considérable de force, de souplesse et de bonne forme physique, mais elle nous permet aussi d’acquérir une stabilité corporelle et physiologique – stabilité qui exige elle-même un fort travail au niveau émotionnel et mental (capacité à dépasser ses limites et à avancer). Autrement dit, une fois atteinte la maîtrise du corps, nous pouvons tirer confort et stabilité de toutes les techniques : une fois que les chemins sont tracés dans les complexes circuits neuronaux, le processus est automatisé par le corps. De ce fait, nous acquérons la stabilité nécessaire pour évoluer dans la pratique. Cette conscience et maîtrise corporelles, ainsi que le travail mental qui y est associé ne sont toutefois possibles que si l’entraînement est fait de manière régulière et discipliné. C’est la régularité qui nous permet d’automatiser les processus mentaux, en renforçant la communication entre les cellules nerveuses impliquées.

Nous n’avons plus, alors, à nous soucier de nous ajuster, ou d’adapter le corps et la pensée. Nous n’avons plus besoin de disperser notre pensée pour trouver le confort ou faire cesser l’inconfort. Nous travaillons la concentration et acquérons, en même temps, stabilité émotionnelle et mentale. Ainsi, bien que ce groupe des techniques soit définit comme des techniques corporelles, il ne se limite vraisemblablement pas au corps, ayant un effet conséquent sur notre fonctionnement cérébral.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ? Partie 1

Le cerveau humain est aussi complexe que fascinant. Un savant réseau de circuits électriques neuronaux interconnectés lui permet de contrôler les activités de l’être humain, à tous les niveaux : physique, énergétique, émotionnel et mental. Le système nerveux contrôle et coordonne les fonctions du corps, lui permettant ainsi de répondre à son environnement et d’agir sur lui.

Le système nerveux central est la région du corps humain la plus protégée. C’est celle qui possède la plus grande complexité anatomique et fonctionnelle. C’est également celle qui présente le plus de plasticité réactionnelle (capacité de changement et adaptation) et celle qui a le plus de capacité évolutive. Ces caractéristiques sont étroitement liées à son activité, intense, et à sa fragilité. En effet, le système nerveux, dans la mesure où il contrôle les fonctions et l’évolution de l’individu et de l’être humain en tant qu’espèce, est à l’origine de tous les phénomènes de la vie humaine.

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Ce complexe réseau s’établit à travers la transmission de l’information nerveuse (courant électrique) entre les divers types de neurones composant le cerveau. Cette transmission a lieu dans les synapses, qui constituent le point de contact entre les terminaisons nerveuses, les axones et les dendrites. Il ne s’agit pas, cependant, d’un vrai contact physique. Les terminaisons nerveuses sont très proches, mais il y demeure entre elles un espace appelé fente synaptique. L’influx nerveux traverse les neurites sous la forme d’une impulsion électrique, appelé potentiel d’action.

Si elle ne peut traverser la fente synaptique, cette impulsion électrique stimule la libération des molécules appelées neurotransmetteurs par les axones pré-synaptiques (émetteurs du message). Les neurotransmetteurs se diffusent ensuite à travers la synapse et viennent stimuler certains récepteurs chimiques spécifiques, présents dans les cellules qui sont censées recevoir l’information (post-synaptique). La liaison du neurotransmetteur avec son récepteur provoque un influx d’ions (particules chargées électriquement) vers l’intérieur ou l’extérieur du neurone, selon le cas. Ainsi l’information elle transmise d’un neurone à l’autre. Il existe plusieurs types de neurotransmetteurs et de synapses, dont les effets sont soit excitateurs, soit inhibiteurs, ou encore modulateurs.

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Toute la complexité et la richesse de l’activité cérébrale dépendent de cette neuro-électrochimie de communication fine et sophistiquée. Nous possédons environ une centaine de milliards de ces cellules minuscules et très spécialisées. Chacune d’entre elles établit un contact avec une moyenne de 1 000 à 10 000 autres cellules (certaines parviennent même à 50 000 connexions).

Notre pouvoir d’apprentissage, d’assimilation de nouvelles expériences ainsi que notre mémoire sont étroitement liés à la plasticité neuronale, c’est-à-dire à la capacité du cerveau à modifier les circuits neuronaux, à créer de nouvelles connexions (synapses) et/ou à éliminer les synapses qui ne sont plus utilisées.

Chaque fois que nous invoquons une information stockée (mémoire), nous refaisons le même « chemin » à travers les circuits neuronaux qui ont été formés lors du premier contact avec cette information. Lorsque nous recevons de nouvelles informations ou que nous vivons de nouvelles expériences, ou même lorsque l’on imagine quelque chose,  de nouvelles connexions neuronales sont créées, qui seront réactivées chaque fois que cette information ou expérience nous sera à nouveau présentée. Ainsi, on peut légitimement affirmer que « la prise de conscience » de quelque chose se traduit par l’établissement de nouvelles synapses, c’est-à-dire nouvelles connexions neuronales.

Ainsi, pour stimuler notre cerveau et utiliser davantage ses potentialités, la recette est assez « appétissante » : observez-vous ; apprenez de nouvelles choses ; de temps en temps, défiez-vous à changer les conditionnements,  le comportement et les habitudes ; cherchez à voir et à interpréter les choses et les sentiments autrement ; voyagez ; apprenez à jouer un instrument ; bougez le corps de manière intelligente ; enfin soyez ouvert à tout ce qui est nouveau ou différent et surtout entrainez la mémoire, la concentration et l’imagination ! Dans les prochains articles on va explorer chacun de ces aspects et voir comment la Méthode DeRose nous permet d’entrainer tout cela.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.