Archives pour la catégorie Performance

L’impact des habitudes

Nous sommes le résultat de nos habitudes. Ces sont nos habitudes qui façonnent notre avenir. 

Pour créer une habitude il faut de la discipline, de la régularité et des objectifs. Voici cinq astuces pour changer ou intégrer une nouvelle habitude dans le quotidien :

1. Réservez un temps pour votre nouvelle habitude et faites-la tous les jours au même horaire

Établissez une routine constante. Mais il faut toujours avoir une récompense, une sensation quelconque de plaisir à la fin.

Dans notre cerveau, les habitudes s’établissent au niveau des ganglions de la base (une région juste au-dessous du cortex cérébral) à travers le circuit de la récompense. Ce circuit  est le même qui se met en place dans le processus d’addiction et se caractérise par :

indice → rituel (répétition) → récompense  

Par exemple, si vous voulez prendre l’habitude de faire une activité physique tous les matins. Donc, l’indice c’est « se lever le matin ». Il faut créer le rituel, c’est-à-dire, se lever à-peu-près à la même heure et faire son activité. Juste après, il faut donner à votre cerveau une récompense, qui peut être, par exemple, un bon petit déjeuner (ou n’importe quelle autre chose que vous fasse plaisir). Une fois que l’habitude est installée, on n’a plus besoin de la récompense.

B. Soyez régulier pendant un temps suffisamment long

Pour créer une habitude il faut que vous parveniez à maintenir la discipline pendant un temps suffisamment long. Il y a des études disant que le temps nécessaire pour intégrer une nouvelle habitude est d’environ 21 jours, d’autres disent 30 jours. Faite le teste. Défiez-vous.

C. Entraînez votre cerveau et votre capacité de changement

Déterminez certains jours de la semaine pour entraîner le côté de votre cerveau qui n’est pas prédominant. Par exemple, si vous êtes droitier, ces jours-là vous allez essayer de tout faire avec la main gauche : se brosser le dents, prendre quelque chose, utiliser la souris de l’ordinateur, écrire, entre autres. Si vous êtes gaucher, vous allez entraîner la main droite.

Changez quelque chose tous les jours. Changez le chemin que vous faites pour aller au travail ; marchez de l’autre côté de la rue ; mangez des choses différentes ; faites au moins une chose autrement que d’habitude ; essayez d’apprendre au moins une nouvelle chose chaque jour.

Faites une activité créative. Écoutez ou faites de la musique, peignez, dessinez, faites des photos, écrivez. Trouvez votre voie pour développer et nourrir votre capacité créative.

D. Etablissez des objectifs à court, moyen et long terme

Réfléchissez au sens de votre vie. Essayez de vous projeter et demandez-vous où et comment vous voulez être d’ici 3 mois, 6 mois, 1 an, 5 ans… Avoir des objectifs nous permet d’être plus focalisé, de canaliser notre énergie dans la direction que l’on souhaite et de se auto-motiver. Néanmoins, on doit développer la capacité de profiter et tirer de plaisir tout au long du chemin. Il n’existe pas de « bonne » ou « mauvaise » habitude par défaut. Une mauvaise habitude est simplement celle qui va à l’opposé des nos objectifs dans la vie. De même, une bonne habitude est celle qui est en cohérence avec nous et nous mène vers où on veut aller.

E. Efforcez-vous sans forcer

Pour intégrer une nouvelle habitude de manière efficace, il faut qu’elle vous procure du plaisir. Ainsi, ne tombez pas dans le piège du tout ou rien. Il vaut mieux en faire peu, mais l’assurer avec plaisir et sans stress, de façon régulière, que d’en faire beaucoup un jour et rien le lendemain. Planifiez ce que vous pouvez vraiment faire.

(Extrait du livre « Et si le corps avait son mot à dire » de Renata Coura)

La véritable expression d’un art

Une des caractéristiques principales de la partie technique de la Méthode DeROSE est l’enchaînement chorégraphique. Cela puise ses origines dans de traditions très anciennes et remonte à une période où l’homme observait et imitait la nature.

Dans un premier temps, la chorégraphie nous permet de faire un riche travail de conscience corporelle et de l’espace vital. Au fur et à mesure que l’on s’entraine, on ressent aussi ses effets au niveau du développement du corps et du conditionnement physique. Dans un second temps, la chorégraphie nous permet aussi de travailler discipline, concentration, focus, respiration, observation de soi, dépassement de soi, entre autres choses qui peuvent finalement nous mener à un autre niveau de conscience et à une augmentation de nos perceptions et sensibilité.

Enfin, l’aspect chorégraphique peut atteindre un niveau plus raffiné et plus performant, comme la véritable expression d’un art. C’est cela que vous allez voir sur cette vidéo du Professeur et Démonstrateur Professionnel Lucio Pablo Martinez, dans une démonstration lors du XII DeRose Festival de Buenos Aires en Septembre 2015.

Comment développer la capacité de changement

url

Nous sommes des êtres conditionnés. Toutes les expériences vécues depuis le plus jeune âge se cumulent pour former nos conditionnements, qui sont des comportements automatiques et inconscients.

Nous avons déjà vu comment notre cerveau fonctionne, à travers la communication entre le neurones. Ceux-ci sont comme des amis qui se parlent, qui établissent des connexions les uns avec les autres. Les neurones parlent plusieurs langues, qui sont les neurotransmetteurs et ce qui leur permet de parler, ce sont les impulsions électriques.

Lorsque l’on vit une expérience nouvelle quelconque, cela se traduit par l’établissement des nouvelles connexions au niveau du cerveau. C’est comme si des neurones qui ne se connaissaient pas, faisaient connaissance. Il y a donc tout un chemin neuronal qui se crée et qui est lié à l’expérience vécue. Ensuite, plus cette expérience est répétée, effectivement ou mentalement, plus ce chemin mental se renforce. C’est-à-dire qu’il s’active de plus en plus rapidement et automatiquement. C’est comme si les neurones devenaient des amis très proches et se parlaient très souvent. La conséquence, c’est que à chaque fois que quelque chose nous rappelle cette expérience, nous allons activer automatiquement ce circuit et donc répondre par le même type de comportement. Telle est la réalité neurobiologique de nos conditionnements.

Autrement dit, on peut aussi comparer nos comportements conditionnés à un cours d’eau. Dans ce contexte, à chaque expérience vécue c’est comme si on creusait la terre. Plus l’expérience se répète, plus profond est le creux, par où l’eau va passer. C’est-à-dire que l’eau (le comportement) va donc couler toujours dans la même direction. Voilà pourquoi il est tellement difficile de changer nos conditionnements, notre comportement et nos habitudes. Ils constituent des cours d’eau très profonds, creusés le long du temps. Ce sont des chemins mentaux créés et renforcés pendant des années.

Est-il donc possible de changer de comportement ? Est-il possible de changer un conditionnement ? La réponse est oui, à travers un reformatage du cerveau. Pour se faire, on doit créer un nouveau chemin neuronal. On doit creuser un nouveau cours d’eau qui va dans la direction souhaitée. Néanmoins, avant de pouvoir faire cela, il est nécessaire de prendre conscience de ses conditionnements. Il faut un grand travail d’observation de soi pour pouvoir identifier quelles sont les caractéristiques et les conditionnements que l’on veut changer et ceux qu’on veut avoir. Seulement après, on va travailler pour remplacer les uns par les autres. Une manière efficace de le faire est d’associer l’imagerie mentale à l’action effective.

L’imagerie mentale consiste à créer ces nouvelles connexions neuronales, à travers la activité mentale. Pour que cela soit crédible, il faut le faire par étape. D’abord on se fixe l’objectif et on se dit mentalement « je veux cela ». On crée donc des images mentales exactement comme on les souhaite. On imagine seulement des aspects positifs, car on sait déjà que le cerveau va enregistrer dans l’inconscient tout ce qu’on pense de manière répétée et qu’il n’enregistre pas le « ne…pas ». Si je vous dit : « ne pensez pas à un ours », vous allez justement penser à un ours, car votre cerveau va ignorer le « ne…pas ». Ces images mentales vont d’une part créer ces nouvelles connexions et d’autre part enregistrer ce que vous voulez dans votre mémoire inconsciente, qui va par la suite guider votre comportement automatique dans la direction souhaitée. Par ailleurs, les visualisions vous permettront d’identifier les étapes et les actions nécessaires à mettre en oeuvre. Un fois que vous vous sentez bien engagé à travailler pour cet objectif, vous pouvez passer à la deuxième étape, où vous allez vous dire mentalement : « je vais faire cela ». Le travail de visualisation continue, de la même façon. Dans cette phase, vous commencerez déjà à agir effectivement pour atteindre votre objectif et là vous formez un cercle vertueux, dans lequel la visualisation stimule l’action et l’action renforce la visualisation. Quand vous commencerez à avoir des petits résultats, quand vous vous sentez avancer, vous passerez à la troisième étape : « je suis en train de faire cela ». Le travail mental est toujours le même. Pour creuser profondément ce nouveau cours d’eau, il faut répéter le plus possible la visualisation. Tous les jours, voire plusieurs fois par jours. Si cela est fait dans un moment de décontraction, encore mieux.

L’action effective consiste bien évidemment à faire ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif, mais il s’agit aussi de créer toute une base comportementale favorable au changement. Nous ne pouvons pas éliminer un comportement, un sentiment ou une pensée. Tout ce qu’on peut faire est les remplacer. Pensez toujours à remplacer un comportement indésirable pour un que vous souhaitez avoir, un sentiment lourd par un sentiment positif et évolutif. Une pensée négative, par une pensée constructive. Ce remplacement n’est pas toujours évident, il faut être attentif et s’observer tout le temps. Et même si on est très conscient, à plusieurs reprises cela ne va pas marcher, car les vieux conditionnement seront encore plus fort. Il faut donc être patient et persévérant. Pensez que chaque situation est une opportunité pour creuser votre nouveau cours d’eau.

Quand aux émotions et aux sentiments, le changement peut être encore plus difficile. Dans ce cas, il faut utiliser « la roue de la transformation », selon laquelle, on va chercher à changer un sentiment négatif ou lourd qui nous paralyse, par son opposé, positif et qui nous met en mouvement. La clé est toujours la même: entraînement, avec discipline, persévérance et surtout volonté.

Sans titre

Une fois atteint l’objectif, on recommence tout de nouveau pour un nouvel objectif. Et comme ça, petit à petit, on se reconstruit exactement comme on le souhaite. On devient plus fort, plus libre, plus maître de notre vie et la conséquence de tout cela est l’épanouissement.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ? Partie 2

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque l’on fait travailler le corps de manière intelligente ? Et avant tout, qu’est-ce que cela veut dire ? Une même technique corporelle peut être faite dans le contexte de la danse, de la gymnastique, entre autres activités. Ce qui change d’un contexte à l’autre, c’est l’intention que l’on y met et où on place notre attention. Prenons l’exemple de la course à pied. On peut courir en écoutant de la musique, en parlant avec un collègue ou encore sur un tapis roulant, en regardant la télé en même temps. Ou on peut courir en plaçant l’attention sur sa respiration, sur les sensations du corps, concentré sur le moment présent et sur ce qu’on est en train de faire. Dans tous les cas, le travail physique, c’est-à-dire, au niveau des muscles, des articulations, du travail cardiovasculaire, sera presque le même. Mais si on se demande  dans quel cas le travail est plus conscient, il parait évident que c’est lorsqu’on y place notre attention. En effet, la conscience est là où on place notre attention.

La conscience est l’un des mots les plus difficiles à définir, d’autant qu’il n’est pas évident que la conscience, dont la raison est un outil, soit capable de se saisir elle-même. Néanmoins, on pourrait définir la conscience comme la qualité d’être conscient d’un objet extérieur ou de quelque chose en soi-même, une perception sensorielle ou mentale. Effectivement, John Locke, qui est à l’origine du concept moderne de la conscience, la définit comme «la perception de ce qui se passe dans son propre esprit d’homme ». D’après cette définition, l’importance de l’observation et de l’attention pour le développement de la conscience d’une quelconque chose devient claire.

Revenons donc au travail corporel intelligent. Les techniques corporelles travaillées dans la Méthode DeRose, tiennent compte de trois aspects : le physique (la technique elle-même – stable, confortable et esthétique), la respiration (consciente, profonde et rythmée) et l’attitude mentale (concentration, visualisation et intention). Lorsque nous exécutons une technique corporelle ainsi nous prenons, au fur et à mesure, conscience de tout notre corps, de chacune de ses parties, chacun de ses muscles, de ses mouvements. Cette prise de conscience du corps se traduit par l’établissement de nouvelles synapses, c’est-à-dire de nouvelles connexions entre certains neurones.

Rafa Ramos

En acquérant la conscience corporelle, nous apprenons à travailler le corps selon notre volonté, en le maîtrisant. Non seulement la permanence dans les techniques corporelles nous procure un apport considérable de force, de souplesse et de bonne forme physique, mais elle nous permet aussi d’acquérir une stabilité corporelle et physiologique – stabilité qui exige elle-même un fort travail au niveau émotionnel et mental (capacité à dépasser ses limites et à avancer). Autrement dit, une fois atteinte la maîtrise du corps, nous pouvons tirer confort et stabilité de toutes les techniques : une fois que les chemins sont tracés dans les complexes circuits neuronaux, le processus est automatisé par le corps. De ce fait, nous acquérons la stabilité nécessaire pour évoluer dans la pratique. Cette conscience et maîtrise corporelles, ainsi que le travail mental qui y est associé ne sont toutefois possibles que si l’entraînement est fait de manière régulière et discipliné. C’est la régularité qui nous permet d’automatiser les processus mentaux, en renforçant la communication entre les cellules nerveuses impliquées.

Nous n’avons plus, alors, à nous soucier de nous ajuster, ou d’adapter le corps et la pensée. Nous n’avons plus besoin de disperser notre pensée pour trouver le confort ou faire cesser l’inconfort. Nous travaillons la concentration et acquérons, en même temps, stabilité émotionnelle et mentale. Ainsi, bien que ce groupe des techniques soit définit comme des techniques corporelles, il ne se limite vraisemblablement pas au corps, ayant un effet conséquent sur notre fonctionnement cérébral.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ? Partie 1

Le cerveau humain est aussi complexe que fascinant. Un savant réseau de circuits électriques neuronaux interconnectés lui permet de contrôler les activités de l’être humain, à tous les niveaux : physique, énergétique, émotionnel et mental. Le système nerveux contrôle et coordonne les fonctions du corps, lui permettant ainsi de répondre à son environnement et d’agir sur lui.

Le système nerveux central est la région du corps humain la plus protégée. C’est celle qui possède la plus grande complexité anatomique et fonctionnelle. C’est également celle qui présente le plus de plasticité réactionnelle (capacité de changement et adaptation) et celle qui a le plus de capacité évolutive. Ces caractéristiques sont étroitement liées à son activité, intense, et à sa fragilité. En effet, le système nerveux, dans la mesure où il contrôle les fonctions et l’évolution de l’individu et de l’être humain en tant qu’espèce, est à l’origine de tous les phénomènes de la vie humaine.

3c02987af43b3b794b61c41a559cdf2b_sipa-brain2

Ce complexe réseau s’établit à travers la transmission de l’information nerveuse (courant électrique) entre les divers types de neurones composant le cerveau. Cette transmission a lieu dans les synapses, qui constituent le point de contact entre les terminaisons nerveuses, les axones et les dendrites. Il ne s’agit pas, cependant, d’un vrai contact physique. Les terminaisons nerveuses sont très proches, mais il y demeure entre elles un espace appelé fente synaptique. L’influx nerveux traverse les neurites sous la forme d’une impulsion électrique, appelé potentiel d’action.

Si elle ne peut traverser la fente synaptique, cette impulsion électrique stimule la libération des molécules appelées neurotransmetteurs par les axones pré-synaptiques (émetteurs du message). Les neurotransmetteurs se diffusent ensuite à travers la synapse et viennent stimuler certains récepteurs chimiques spécifiques, présents dans les cellules qui sont censées recevoir l’information (post-synaptique). La liaison du neurotransmetteur avec son récepteur provoque un influx d’ions (particules chargées électriquement) vers l’intérieur ou l’extérieur du neurone, selon le cas. Ainsi l’information elle transmise d’un neurone à l’autre. Il existe plusieurs types de neurotransmetteurs et de synapses, dont les effets sont soit excitateurs, soit inhibiteurs, ou encore modulateurs.

140103052712377311867580

Toute la complexité et la richesse de l’activité cérébrale dépendent de cette neuro-électrochimie de communication fine et sophistiquée. Nous possédons environ une centaine de milliards de ces cellules minuscules et très spécialisées. Chacune d’entre elles établit un contact avec une moyenne de 1 000 à 10 000 autres cellules (certaines parviennent même à 50 000 connexions).

Notre pouvoir d’apprentissage, d’assimilation de nouvelles expériences ainsi que notre mémoire sont étroitement liés à la plasticité neuronale, c’est-à-dire à la capacité du cerveau à modifier les circuits neuronaux, à créer de nouvelles connexions (synapses) et/ou à éliminer les synapses qui ne sont plus utilisées.

Chaque fois que nous invoquons une information stockée (mémoire), nous refaisons le même « chemin » à travers les circuits neuronaux qui ont été formés lors du premier contact avec cette information. Lorsque nous recevons de nouvelles informations ou que nous vivons de nouvelles expériences, ou même lorsque l’on imagine quelque chose,  de nouvelles connexions neuronales sont créées, qui seront réactivées chaque fois que cette information ou expérience nous sera à nouveau présentée. Ainsi, on peut légitimement affirmer que « la prise de conscience » de quelque chose se traduit par l’établissement de nouvelles synapses, c’est-à-dire nouvelles connexions neuronales.

Ainsi, pour stimuler notre cerveau et utiliser davantage ses potentialités, la recette est assez « appétissante » : observez-vous ; apprenez de nouvelles choses ; de temps en temps, défiez-vous à changer les conditionnements,  le comportement et les habitudes ; cherchez à voir et à interpréter les choses et les sentiments autrement ; voyagez ; apprenez à jouer un instrument ; bougez le corps de manière intelligente ; enfin soyez ouvert à tout ce qui est nouveau ou différent et surtout entrainez la mémoire, la concentration et l’imagination ! Dans les prochains articles on va explorer chacun de ces aspects et voir comment la Méthode DeRose nous permet d’entrainer tout cela.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Une meilleure performance mentale pour une meilleure qualité de vie

DeathtoStock_Medium9

Le cerveau ne peut pas faire plus d’une tâche consciente à la fois, car cela consomme beaucoup d’énergie et d’espace mental. Le secret du cerveau multitâche est donc de combiner des tâches conscientes, dirigées par le cortex pré-frontal (considéré comme le siège biologique de nos interactions conscientes avec le monde qui nous entoure) avec des tâches automatiques, gouvernées par les ganglions de la base (responsables de diriger les activités routinières et qui n’exigent pas beaucoup d’attention mentale active, consommant considérablement moins d’énergie que le cortex pré-frontal). Plus de tâches on automatise, plus on devient capable d’être multitâches.

Sans titre - 1

Un autre aspect duquel on doit tenir compte lorsque l’on parle d’exécuter plus d’une tâche en même temps est la capacité attentionnelle. Le niveau d’attention et de concentration doit être directement proportionnel au nombre de tâches traitées simultanément.

En effet, on doit garder la concentration dans ce que l’on est en train de faire, tout en développant la capacité à changer l’objet en focus. Il faut imaginer la pensée comme de la lumière, dispersée dans toutes les directions. Maintenant, imaginez cette lumière concentrée comme dans une lanterne que l’on peut diriger vers où il faut. Avec cette lanterne, on peut changer l’objet sur lequel on se focalise, mais la lumière restera toujours concentrée de la même manière.

Être multitâche implique une gestion optimisée de l’espace et de l’énergie mental. Dans ce contexte, l’organisation et la planification deviennent des outils essentiels. Il est inutile d’essayer d’exécuter des tâches demandeuses d’énergie, alors que l’on est mentalement fatigué.

La capacité de s’observer et parvenir à savoir quel est son niveau d’énergie mentale constitue la base nécessaire pour développer sa capacité d’attention, de focus, ainsi que la capacité à être multitâche. Il existe un certain nombre de techniques qui nous permettent d’entraîner et de développer ces capacités, ainsi que d’augmenter le niveau d’énergie mentale.

Après tout, plus on entraîne le cerveau, plus il se développe et élargit ses capacités, en devenant plus performant, c’est-à-dire, en faisant plus de choses avec moins d’effort et en dépensant moins d’énergie. Avoir une bonne performance mentale est redoutablement important dans le milieu professionnel. Mais il est aussi incontestable que la performance mentale est intimement liée à notre qualité de vie d’une manière générale. En apprenant à mieux utiliser son cerveau, en ayant plus d’énergie mentale et en apprenant à le reposer quand il faut, on arrive à épargner de l’énergie et de l’espace mental pour la créativité, pour le loisir, pour bien gérer le stress et d’autres activités, contribuant à un meilleur style et qualité de vie.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Le comportement : une question de paradigme

paradigme_singe4

Le mot paradigme tient son origine du grec ancien paradeïgma qui signifie « modèle » ou « exemple ». Un paradigme peut être défini comme une représentation du monde, une manière de voir les choses. C’est une forme de rail de la pensée qui peut aussi faire obstacle à tout changement et à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées. Les paradigmes tendent à différer selon les groupes sociaux et à changer dans le temps en fonction de l’évolution des connaissances. La notion de paradigme était initialement rattachée au domaine des sciences et de la philosophie. Mais, finalement, elle peut être appliquée à l’être-humain d’une manière générale. Le comportement humain est souvent guidé par des paradigmes. Nous pensons et nous agissons sans nous demander pourquoi nous continuons à penser et à agir comme nous le faisons quand il existes des alternatives. Et c’est pour cela qu’il peut être relativement facile de créer un paradigme, mais une fois qu’il est instauré, il est très difficile de le changer ou de le remplacer par un autre.

Pour mieux comprendre comment des nouveaux paradigmes sont créés, vous pouvez regarder la vidéo ci-dessous. La vidéo est en portugais mais les dessins parlent d’eux-mêmes.

Un groupe de scientifiques plaça cinq singes dans une cage et, au milieu de celle-ci, un escabeau avec des bananes en haut. À chaque fois qu’un des singes tentait de grimper à l’escabeau, une douche glacée aspergeait automatiquement les autres. Au bout d’un certain temps, à chaque fois qu’un des singes essayait de grimper sur l’escabeau, les autres le frappaient par crainte de prendre une douche glacée. Bien entendu, il arrive un moment où tous les singes ont appris la leçon et aucun des singes ne se risqua plus à grimper sur l’escabeau malgré la tentation de la banane.

Les chercheurs décidèrent alors de remplacer un des singes. Celui-ci découvre rapidement que lorsqu’il veut attraper une banane les autres lui tapent dessus. Quelques raclées plus tard, le nouveau membre de la communauté avait appris à ne plus grimper sur l’escabeau, sans même connaître la raison de cette interdiction.

Un deuxième singe fut remplacé et subi le même sort que le premier. Celui-ci, d’ailleurs, se joignait aux autres pour le battre dès qu’il tentait de grimper sur l’escabeau.

Chacun des autres trois singes ont été à leur tour échangés à des intervalles adéquats et le processus se répéta. ls subirent le même sort chaque fois qu’ils tentèrent de grimper sur l’escabeau.

Le groupe de cinq singes restant à la fin de l’expérience, bien que n’ayant jamais reçu la punition de l’eau froide, continua à frapper tout nouvel arrivant qui tentait de monter sur l’escabeau pour attraper une banane, comme le groupe le leur a appris.

S’il était possible de parler avec ces singes et de leur demander pourquoi ils frappent ceux qui tentent d’attraper la banane, je parie que leur réponse serait : « Je ne sais pas, mais ici ça a toujours été comme ça »

Ce comportement ne vous semble-t-il pas familier ?

Soyons plus conscients et plus libres : repensons nos habitudes, pensons en dehors du cadre, changeons nos paradigmes !

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.