Archives mensuelles : mai 2015

Comment développer la capacité de changement

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Nous sommes des êtres conditionnés. Toutes les expériences vécues depuis le plus jeune âge se cumulent pour former nos conditionnements, qui sont des comportements automatiques et inconscients.

Nous avons déjà vu comment notre cerveau fonctionne, à travers la communication entre le neurones. Ceux-ci sont comme des amis qui se parlent, qui établissent des connexions les uns avec les autres. Les neurones parlent plusieurs langues, qui sont les neurotransmetteurs et ce qui leur permet de parler, ce sont les impulsions électriques.

Lorsque l’on vit une expérience nouvelle quelconque, cela se traduit par l’établissement des nouvelles connexions au niveau du cerveau. C’est comme si des neurones qui ne se connaissaient pas, faisaient connaissance. Il y a donc tout un chemin neuronal qui se crée et qui est lié à l’expérience vécue. Ensuite, plus cette expérience est répétée, effectivement ou mentalement, plus ce chemin mental se renforce. C’est-à-dire qu’il s’active de plus en plus rapidement et automatiquement. C’est comme si les neurones devenaient des amis très proches et se parlaient très souvent. La conséquence, c’est que à chaque fois que quelque chose nous rappelle cette expérience, nous allons activer automatiquement ce circuit et donc répondre par le même type de comportement. Telle est la réalité neurobiologique de nos conditionnements.

Autrement dit, on peut aussi comparer nos comportements conditionnés à un cours d’eau. Dans ce contexte, à chaque expérience vécue c’est comme si on creusait la terre. Plus l’expérience se répète, plus profond est le creux, par où l’eau va passer. C’est-à-dire que l’eau (le comportement) va donc couler toujours dans la même direction. Voilà pourquoi il est tellement difficile de changer nos conditionnements, notre comportement et nos habitudes. Ils constituent des cours d’eau très profonds, creusés le long du temps. Ce sont des chemins mentaux créés et renforcés pendant des années.

Est-il donc possible de changer de comportement ? Est-il possible de changer un conditionnement ? La réponse est oui, à travers un reformatage du cerveau. Pour se faire, on doit créer un nouveau chemin neuronal. On doit creuser un nouveau cours d’eau qui va dans la direction souhaitée. Néanmoins, avant de pouvoir faire cela, il est nécessaire de prendre conscience de ses conditionnements. Il faut un grand travail d’observation de soi pour pouvoir identifier quelles sont les caractéristiques et les conditionnements que l’on veut changer et ceux qu’on veut avoir. Seulement après, on va travailler pour remplacer les uns par les autres. Une manière efficace de le faire est d’associer l’imagerie mentale à l’action effective.

L’imagerie mentale consiste à créer ces nouvelles connexions neuronales, à travers la activité mentale. Pour que cela soit crédible, il faut le faire par étape. D’abord on se fixe l’objectif et on se dit mentalement « je veux cela ». On crée donc des images mentales exactement comme on les souhaite. On imagine seulement des aspects positifs, car on sait déjà que le cerveau va enregistrer dans l’inconscient tout ce qu’on pense de manière répétée et qu’il n’enregistre pas le « ne…pas ». Si je vous dit : « ne pensez pas à un ours », vous allez justement penser à un ours, car votre cerveau va ignorer le « ne…pas ». Ces images mentales vont d’une part créer ces nouvelles connexions et d’autre part enregistrer ce que vous voulez dans votre mémoire inconsciente, qui va par la suite guider votre comportement automatique dans la direction souhaitée. Par ailleurs, les visualisions vous permettront d’identifier les étapes et les actions nécessaires à mettre en oeuvre. Un fois que vous vous sentez bien engagé à travailler pour cet objectif, vous pouvez passer à la deuxième étape, où vous allez vous dire mentalement : « je vais faire cela ». Le travail de visualisation continue, de la même façon. Dans cette phase, vous commencerez déjà à agir effectivement pour atteindre votre objectif et là vous formez un cercle vertueux, dans lequel la visualisation stimule l’action et l’action renforce la visualisation. Quand vous commencerez à avoir des petits résultats, quand vous vous sentez avancer, vous passerez à la troisième étape : « je suis en train de faire cela ». Le travail mental est toujours le même. Pour creuser profondément ce nouveau cours d’eau, il faut répéter le plus possible la visualisation. Tous les jours, voire plusieurs fois par jours. Si cela est fait dans un moment de décontraction, encore mieux.

L’action effective consiste bien évidemment à faire ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif, mais il s’agit aussi de créer toute une base comportementale favorable au changement. Nous ne pouvons pas éliminer un comportement, un sentiment ou une pensée. Tout ce qu’on peut faire est les remplacer. Pensez toujours à remplacer un comportement indésirable pour un que vous souhaitez avoir, un sentiment lourd par un sentiment positif et évolutif. Une pensée négative, par une pensée constructive. Ce remplacement n’est pas toujours évident, il faut être attentif et s’observer tout le temps. Et même si on est très conscient, à plusieurs reprises cela ne va pas marcher, car les vieux conditionnement seront encore plus fort. Il faut donc être patient et persévérant. Pensez que chaque situation est une opportunité pour creuser votre nouveau cours d’eau.

Quand aux émotions et aux sentiments, le changement peut être encore plus difficile. Dans ce cas, il faut utiliser « la roue de la transformation », selon laquelle, on va chercher à changer un sentiment négatif ou lourd qui nous paralyse, par son opposé, positif et qui nous met en mouvement. La clé est toujours la même: entraînement, avec discipline, persévérance et surtout volonté.

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Une fois atteint l’objectif, on recommence tout de nouveau pour un nouvel objectif. Et comme ça, petit à petit, on se reconstruit exactement comme on le souhaite. On devient plus fort, plus libre, plus maître de notre vie et la conséquence de tout cela est l’épanouissement.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Construisez votre réalité… et votre avenir !

La vie, elle est faite pour la vivre et non pour la subir. On oublie souvent qu’on peut et qu’on doit avoir un rôle actif dans la construction de notre vie et de notre avenir. On passe la plupart du temps à se plaindre de choses qui nous arrivent sans se rendre compte qu’on y est pour beaucoup.

Faisons une comparaison de notre vie et notre avenir avec le tir à l’arc. Au départ, l’archer a toutes les flèches posées dans son carquois. À cette étape là, il a cent pour cent de choix. Il peut choisir de prendre ou pas une flèche, il peut choisir la flèche, la cible, la direction, enfin, il peut tout choisir. Une fois que l’archer a choisi sa flèche, il a encore le libre choix. Il peut la remettre dans le carquois ou la lancer dans la direction et distance souhaitées. L’archer va armer l’arc en pointant la flèche en direction de la cible et là encore il a le choix. Il peut changer la cible ou la tension qu’il va mettre dans l’arc. Il peut même renoncer à  tirer. La dernière étape, c’est le tir. À partir du moment où l’archer tire la flèche, il ne peut rien faire de plus. Il ne peut qu’attendre et accepter le résultat, qu’il soit bon ou mauvais. Notez que dans deux tiers des étapes, l’archer a cent pour cent de choix. Il y a seulement un tiers sur lequel il n’a plus de prise.

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Notre vie, c’est exactement pareil. Dans toutes les situations, nous avons deux tiers de libre choix. Et après avoir fait tout ce qui était possible, c’est le moment de lâcher prise, puisque la flèche est déjà lancée. Cela paraît très simple, n’est-ce pas ?

En effet, la théorie est simple. Mais la pratique implique certaines complexités, concernant nos conditionnements et notre mode de fonctionnement. Notre cerveau réalise quatre-vingts pour cent de tout ce que nous faisons à l’insu de notre conscience, c’est-à-dire, de manière inconsciente et automatique. Cela est le cas pour nos conditionnements qui constituent des comportements ou des réponses automatiques face à une situation donnée.

Ainsi, pour devenir un archer et entreprendre la construction de notre réalité et de notre avenir, le premier entrainement est de faire agir le conscient sur l’inconscient. Nos automatismes constituent un avantage évolutif, car ils nous permettent d’agir plus rapidement tout en dépensant moins d’énergie que notre « cerveau conscient ». Notre comportement et nos décisions sont quasi complètement guidés par l’inconscient. Pour changer un comportement ou un conditionnement, il faut donc faire une sorte de reformatage de notre cerveau, en faisant rentrer dans notre mémoire inconsciente ce que l’on veut consciemment changer, comment on veut être, ce que l’on veut accomplir. La Méthode DeROSE utilise des techniques très puissantes et efficaces pour cela et qui sont basées, entre autres, sur une association de décontraction et d’imagerie mentale. En effet, à travers ces techniques nous faisons travailler le conscient sur l’inconscient et ce dernier, par la suite, va guider nos attitudes et notre comportement, toujours de manière automatique, mais cette fois-ci, dans la direction que nous avons consciemment choisie.

Il est évident que le contexte dans lequel nous sommes insérés joue un rôle important dans cette entreprise, car nous sommes fortement influencés par les groupes auxquels nous appartenons.  Dès qu’il y ait deux personnes ou plus unies dans un quelconque but commun, il y a une force grégaire qui se crée et qui est constituée de la combinaison de l’énergie physique, des émotions et de la pensée de chacun. C’est pour cette raison que la force d’un groupe est toujours plus puissante que celle d’un individu. Cette influence du groupe devient très claire lorsque l’on pense à tous les groupes sociaux que nous pouvons intégrer : la famille, les différents cercles d’amis, le groupe professionnel, le sport, l’art, etc. Cherchez à vous observer dans chacun de ces environnements. Observez comment votre comportement peut changer, selon le groupe. Quel est l’effet de chacun de ces groupes sur vous ? Une fois que nous avons compris la répercussion du groupe sur notre comportement et même sur notre modèle de fonctionnement mental, nous pouvons choisir consciemment les groupes sociaux que nous fréquentons, de manière à utiliser cette force grégaire en faveur de nos projets.

Finalement, pour une telle entreprise, la motivation, le focus et le dépassement de soi sont indispensables. Ces trois caractéristiques se développent et s’entraînent dans la vie de tous les jours, mais aussi à travers de nombreuses techniques permettant de nous observer et de changer notre attitude mentale. Le chemin est long, mais très gratifiant et épanouissant. Alors, commençons l’entrainement dès maintenant et profitons du chemin.  Construisons notre réalité !

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

« Pensez à ce que vous voulez gagner, plutôt qu’à ce que vous pouvez perdre. » (DeRose)

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 Personne n’aime perdre qui ou quoi que ce soit. La perte nous donne une sensation de diminution, d’enlèvement, que ce soit matériel ou émotionnel. La sensation de perdre la moindre chose, tel qu’un objet personnel, est déjà très désagréable. Perdre un poste, perdre du prestige ou perdre de l’argent ce sont de facteurs principaux de stress et de détresse. Qu’en est-il de la sensation de perdre ses moyens ou encore de perdre quelqu’un ? Cela peut être souvent très éprouvant et difficile à surmonter. C’est pour cette même raison que nous sommes souvent réactifs au changement. Car, de prime abord, un changement représente toujours la perte de ce qui existait avant. Notre cerveau primitif, instinctif, classe toute situation en deux catégories : les récompenses et les menaces. Tout ce qui peut nous faire perdre quelque chose rentre dans la catégorie des menaces, face auxquelles nous avons un comportement automatique de fuite ou de lutte.

Comment donc faire face à la perte ? Comment devenir plus souples et capables de changer et d’accepter les changements ? Est-il possible d’apprendre à gérer ce sentiment de perte ?

Il faut savoir que toutes ces réactions, face à la perte, font partie de notre « cerveau inconscient », c’est-à-dire, de nos automatismes ou conditionnements. C’est pour cela que nous avons la sensation de ne rien pouvoir faire, de ne pas avoir de prise et donc de subir, puisque l’on est impuissant.

Heureusement, nous avons la capacité de faire basculer notre fonctionnement du mode automatique et inconscient vers le mode conscient et adaptatif. Il existe plusieurs techniques pour cela, mais elles se fondent toutes sur deux choses :  l’observation de soi et la réévaluation.

L’observation de soi nous permet de se rendre compte de ce qui se passe à l’intérieur, au niveau émotionnel et mental. C’est un entrainement qui nous rend capable de se regarder soi-même avec le recul de quelqu’un à l’extérieur. Ce rôle d’observateur est sine qua non pour toutes les étapes suivantes et pour tout travail sur soi-même, car il nous permet de prendre conscience de soi et des contextes autour, ce qui nous permet aussi de basculer naturellement vers le mode conscient.

Une fois que nous sommes en « mode conscient », nous pouvons passer à la deuxième étape, la réévaluation. Cela consiste à analyser la situation de nouveau, maintenant sous un autre angle, afin de rectifier la précédente évaluation guidée et biaisée par nos conditionnements et peurs inconscients. Quand on commence à faire cet exercice, on s’aperçoit que dans toutes les situations, même les pires qu’on puisse imaginer, il y a toujours quelque chose de positif.

Je vous invite à l’expérience. Pensez à une situation actuelle qui déclenche en vous cette sensation de perte, de peur ou de stress. Observez les réactions physiques, émotionnelles et mentales que le simple fait de vous connecter à cette situation déclenche. Si vous voulez mesurer, donnez une note de «  0 à 6 » à cette sensation de stress ou de détresse. Puis écrivez sur un papier trois aspects positifs de cette situation. Vous n’avez pas trouvé ? Continuez à réfléchir jusqu’à en trouver. Réfléchissez, prenez votre temps. Cela pourra paraître impossible au départ, puis, petit à petit, les idées viendrons, car vous serez en train de basculer vers le mode conscient et de réévaluer la situation. Vous allez probablement trouver même plus de trois points positifs et un nouveau scénario apparaîtra devant vous. Ensuite, observez-vous de nouveau, en vous connectant à la même situation et redonnez une note de « 0 à 6 » à votre sensation. Avez-vous observé un changement quelconque ?

Cela est un exercice très simple et de base qui nous permet de voir comment notre perception des choses peut changer lorsqu’on les regarde de manière consciente. Puis, on s’aperçoit aussi que toute chose et tout individu ont un côté positif. Nous avons le choix de se focaliser sur ce côté positif et quand on le fait, notre perception et nos attitudes changent. Ainsi, même quand on ne pourra pas éviter la tristesse, on pourra éviter la souffrance. Quand on aura peur, on parviendra à ne pas paniquer et à ne pas fuir. Quand tout paraîtra difficile, on saura trouver la sortie. Quand le changement s’imposera, on l’embrassera. Et finalement, on deviendra capable d’opérer en soi et dans sa vie tout changement qu’on voudra, il suffira de le décider.

Bien évidemment, comprendre tout ce mécanisme est très utile et constitue une première étape, nécessaire, mais pas suffisante. Tout dépend de l’entraînement, de sa régularité et de sa persistance. Il y a de nombreuses techniques puissantes qui nous permettent de faire cet entraînement à plusieurs niveaux et qui exigent tout simplement de la discipline. Les résultats peuvent venir plus tôt ou plus tard, mais sont inexorables.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.