Archives mensuelles : avril 2015

Délicieux brownies chocolat par Camille Serres

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Brownie (4-5 personnes) :
– Une tasse et demie de dattes trempées dans l’eau quelques heures
– Une tasse de noix de pécan (ou autres)
– Une demie-tasse de cacao 100% (idéalement cru)
– Une demie-tasse de coco râpée
– Optionnel : des épices (cannelle, vanille, etc.)
On peut utiliser plus de dattes ou ajouter du sirop d’érable ou d’agave pour un goût plus sucré.
Mixer les dattes, ajouter le cacao, la noix de coco et les noix légèrement mixées (il doit rester des morceaux). Étaler dans un moule et réserver au réfrigérateur.
Glaçage :
– Quatre cuillères à soupe d’huile de coco
– Deux cuillères à soupe de cacao
Faire fondre l’huile à feu doux, ajouter le cacao et mélanger, puis verser sur le brownie et laisser au réfrigérateur quelques heures avant de déguster !
 

Que se passe-t-il dans notre cerveau… lorsqu’on médite

« L’idée est un arrêt de la pensée »

Henri Bergson

Face à l’intense activité du cerveau, la pensée a tendance à se disperser. Ainsi nous sommes constamment occupés à capter des idées, à évoquer des souvenirs, à faire des comparaisons, des associations, etc. Tout cela de manière inconsciente. Le cerveau choisi « tout seul » les informations qui vont être considérées importantes et qui sont, donc, à traiter et à garder, et celles qui vont être rejetées. Une telle activité mentale non focalisée fait que, dans la plupart des cas, nous sommes envahis par une multitude d’informations extérieures et déconnectées de nous. Nous devenons des penseurs passifs, incapables de guider notre réflexion. Sur cela, l’historien et philosophe Mircea Eliade dit : « sous les apparences de la pensée, se cache, en fait, un scintillement indéfini et incontrôlé, alimenté par des sentiments, des mots et de la mémoire. »

En effet, notre cerveau est un instrument magique, capable d’accomplir, à l’insu de notre conscience, 90% de tout ce que nous faisons, que nous soyons éveillés ou non. Presque toute notre vie mentale est un mélange des processus conscients et inconscients qui se consolident mutuellement, notamment lorsque la motivation entre en jeu. Le « cerveau conscient » utilise beaucoup plus d’énergie et est plus lent que le « cerveau inconscient » ou automatique. Pour cette raison, le cerveau fonctionne la plupart du temps en évitant, dès que possible, d’utiliser sa partie consciente pour s’épargner de l’énergie et pour agir plus vite. Ainsi, même si on se croit très rationnel, notre comportement et nos décisions sont plutôt guidés par notre inconscient.

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Est-ce qu’on est capable d’agir sur cette partie inconsciente ? Est-ce qu’il y a un interêt quelconque à arrêter consciemment ce tourbillon de pensées qui nous guident malgré nous ?

Actuellement, nombreuses sont les études comportementales, en électrographie et en neuro-imagerie, qui montrent l’importance de la recherche sur les états de méditation. La méditation est un état de supra-conscience, obtenu par la suppression de l’instabilité de la conscience, c’est-à-dire, par l’arrêt de la pensée ou des dispersions mentales. Selon cette définition érudite, le terme ‘méditation’, qui en occident signifie « action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose » (Larousse), n’est pas tout à fait correct, mais comme il a été universellement accepté, nous n’allons pas l’exclure.

Ces études permettent en effet de mieux comprendre le processus cognitif et la neuro-plasticité émotionnelle, ainsi que le processus attentionnel et la conscience de soi. De plus en plus de travaux scientifiques examinent les effets de la méditation sur le cerveau, les émotions et le corps physique dans son ensemble. Ces travaux montrent que l’état de conscience méditatif contribue à restructurer la perception, ce qui induit des changements importants dans le lobe frontal et ses fonctions cognitives. Ainsi, la méditation aboutit, entre autres, à une augmentation des perceptions et à un renforcement des processus cognitifs et attentionnels. Il a été démontré que l’état méditatif se caractérisait par une augmentation de la puissance des ondes cérébrales de type thêta, notamment au niveau du lobe frontal. Cette augmentation de l’activité thêta signifie une augmentation de l’activité au niveau de la cognition et de la conscience. Par ailleurs, on a aussi relevé, dans certains contextes une augmentation de l’activité alpha de la partie postérieure du cerveau, normalement liée à un état d’attention interne.

Ces diverses informations nous permettent de comprendre ce qui, lors de la méditation, se produit au niveau du cerveau et de la conscience, dans leur conception neurobiologique. Toutefois, ce qui intervient au-delà du processus mental, c’est-à-dire au niveau de l’intuition, reste pour le moment empirique : bien que ses effets soient incontestables, les mécanismes de l’intuition dépassent ce que notre savoir neurobiologique est capable d’appréhender aujourd’hui.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ? Partie 2

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque l’on fait travailler le corps de manière intelligente ? Et avant tout, qu’est-ce que cela veut dire ? Une même technique corporelle peut être faite dans le contexte de la danse, de la gymnastique, entre autres activités. Ce qui change d’un contexte à l’autre, c’est l’intention que l’on y met et où on place notre attention. Prenons l’exemple de la course à pied. On peut courir en écoutant de la musique, en parlant avec un collègue ou encore sur un tapis roulant, en regardant la télé en même temps. Ou on peut courir en plaçant l’attention sur sa respiration, sur les sensations du corps, concentré sur le moment présent et sur ce qu’on est en train de faire. Dans tous les cas, le travail physique, c’est-à-dire, au niveau des muscles, des articulations, du travail cardiovasculaire, sera presque le même. Mais si on se demande  dans quel cas le travail est plus conscient, il parait évident que c’est lorsqu’on y place notre attention. En effet, la conscience est là où on place notre attention.

La conscience est l’un des mots les plus difficiles à définir, d’autant qu’il n’est pas évident que la conscience, dont la raison est un outil, soit capable de se saisir elle-même. Néanmoins, on pourrait définir la conscience comme la qualité d’être conscient d’un objet extérieur ou de quelque chose en soi-même, une perception sensorielle ou mentale. Effectivement, John Locke, qui est à l’origine du concept moderne de la conscience, la définit comme «la perception de ce qui se passe dans son propre esprit d’homme ». D’après cette définition, l’importance de l’observation et de l’attention pour le développement de la conscience d’une quelconque chose devient claire.

Revenons donc au travail corporel intelligent. Les techniques corporelles travaillées dans la Méthode DeRose, tiennent compte de trois aspects : le physique (la technique elle-même – stable, confortable et esthétique), la respiration (consciente, profonde et rythmée) et l’attitude mentale (concentration, visualisation et intention). Lorsque nous exécutons une technique corporelle ainsi nous prenons, au fur et à mesure, conscience de tout notre corps, de chacune de ses parties, chacun de ses muscles, de ses mouvements. Cette prise de conscience du corps se traduit par l’établissement de nouvelles synapses, c’est-à-dire de nouvelles connexions entre certains neurones.

Rafa Ramos

En acquérant la conscience corporelle, nous apprenons à travailler le corps selon notre volonté, en le maîtrisant. Non seulement la permanence dans les techniques corporelles nous procure un apport considérable de force, de souplesse et de bonne forme physique, mais elle nous permet aussi d’acquérir une stabilité corporelle et physiologique – stabilité qui exige elle-même un fort travail au niveau émotionnel et mental (capacité à dépasser ses limites et à avancer). Autrement dit, une fois atteinte la maîtrise du corps, nous pouvons tirer confort et stabilité de toutes les techniques : une fois que les chemins sont tracés dans les complexes circuits neuronaux, le processus est automatisé par le corps. De ce fait, nous acquérons la stabilité nécessaire pour évoluer dans la pratique. Cette conscience et maîtrise corporelles, ainsi que le travail mental qui y est associé ne sont toutefois possibles que si l’entraînement est fait de manière régulière et discipliné. C’est la régularité qui nous permet d’automatiser les processus mentaux, en renforçant la communication entre les cellules nerveuses impliquées.

Nous n’avons plus, alors, à nous soucier de nous ajuster, ou d’adapter le corps et la pensée. Nous n’avons plus besoin de disperser notre pensée pour trouver le confort ou faire cesser l’inconfort. Nous travaillons la concentration et acquérons, en même temps, stabilité émotionnelle et mentale. Ainsi, bien que ce groupe des techniques soit définit comme des techniques corporelles, il ne se limite vraisemblablement pas au corps, ayant un effet conséquent sur notre fonctionnement cérébral.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Que se passe-t-il dans notre cerveau ? Partie 1

Le cerveau humain est aussi complexe que fascinant. Un savant réseau de circuits électriques neuronaux interconnectés lui permet de contrôler les activités de l’être humain, à tous les niveaux : physique, énergétique, émotionnel et mental. Le système nerveux contrôle et coordonne les fonctions du corps, lui permettant ainsi de répondre à son environnement et d’agir sur lui.

Le système nerveux central est la région du corps humain la plus protégée. C’est celle qui possède la plus grande complexité anatomique et fonctionnelle. C’est également celle qui présente le plus de plasticité réactionnelle (capacité de changement et adaptation) et celle qui a le plus de capacité évolutive. Ces caractéristiques sont étroitement liées à son activité, intense, et à sa fragilité. En effet, le système nerveux, dans la mesure où il contrôle les fonctions et l’évolution de l’individu et de l’être humain en tant qu’espèce, est à l’origine de tous les phénomènes de la vie humaine.

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Ce complexe réseau s’établit à travers la transmission de l’information nerveuse (courant électrique) entre les divers types de neurones composant le cerveau. Cette transmission a lieu dans les synapses, qui constituent le point de contact entre les terminaisons nerveuses, les axones et les dendrites. Il ne s’agit pas, cependant, d’un vrai contact physique. Les terminaisons nerveuses sont très proches, mais il y demeure entre elles un espace appelé fente synaptique. L’influx nerveux traverse les neurites sous la forme d’une impulsion électrique, appelé potentiel d’action.

Si elle ne peut traverser la fente synaptique, cette impulsion électrique stimule la libération des molécules appelées neurotransmetteurs par les axones pré-synaptiques (émetteurs du message). Les neurotransmetteurs se diffusent ensuite à travers la synapse et viennent stimuler certains récepteurs chimiques spécifiques, présents dans les cellules qui sont censées recevoir l’information (post-synaptique). La liaison du neurotransmetteur avec son récepteur provoque un influx d’ions (particules chargées électriquement) vers l’intérieur ou l’extérieur du neurone, selon le cas. Ainsi l’information elle transmise d’un neurone à l’autre. Il existe plusieurs types de neurotransmetteurs et de synapses, dont les effets sont soit excitateurs, soit inhibiteurs, ou encore modulateurs.

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Toute la complexité et la richesse de l’activité cérébrale dépendent de cette neuro-électrochimie de communication fine et sophistiquée. Nous possédons environ une centaine de milliards de ces cellules minuscules et très spécialisées. Chacune d’entre elles établit un contact avec une moyenne de 1 000 à 10 000 autres cellules (certaines parviennent même à 50 000 connexions).

Notre pouvoir d’apprentissage, d’assimilation de nouvelles expériences ainsi que notre mémoire sont étroitement liés à la plasticité neuronale, c’est-à-dire à la capacité du cerveau à modifier les circuits neuronaux, à créer de nouvelles connexions (synapses) et/ou à éliminer les synapses qui ne sont plus utilisées.

Chaque fois que nous invoquons une information stockée (mémoire), nous refaisons le même « chemin » à travers les circuits neuronaux qui ont été formés lors du premier contact avec cette information. Lorsque nous recevons de nouvelles informations ou que nous vivons de nouvelles expériences, ou même lorsque l’on imagine quelque chose,  de nouvelles connexions neuronales sont créées, qui seront réactivées chaque fois que cette information ou expérience nous sera à nouveau présentée. Ainsi, on peut légitimement affirmer que « la prise de conscience » de quelque chose se traduit par l’établissement de nouvelles synapses, c’est-à-dire nouvelles connexions neuronales.

Ainsi, pour stimuler notre cerveau et utiliser davantage ses potentialités, la recette est assez « appétissante » : observez-vous ; apprenez de nouvelles choses ; de temps en temps, défiez-vous à changer les conditionnements,  le comportement et les habitudes ; cherchez à voir et à interpréter les choses et les sentiments autrement ; voyagez ; apprenez à jouer un instrument ; bougez le corps de manière intelligente ; enfin soyez ouvert à tout ce qui est nouveau ou différent et surtout entrainez la mémoire, la concentration et l’imagination ! Dans les prochains articles on va explorer chacun de ces aspects et voir comment la Méthode DeRose nous permet d’entrainer tout cela.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.