Archives mensuelles : février 2015

Une meilleure performance mentale pour une meilleure qualité de vie

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Le cerveau ne peut pas faire plus d’une tâche consciente à la fois, car cela consomme beaucoup d’énergie et d’espace mental. Le secret du cerveau multitâche est donc de combiner des tâches conscientes, dirigées par le cortex pré-frontal (considéré comme le siège biologique de nos interactions conscientes avec le monde qui nous entoure) avec des tâches automatiques, gouvernées par les ganglions de la base (responsables de diriger les activités routinières et qui n’exigent pas beaucoup d’attention mentale active, consommant considérablement moins d’énergie que le cortex pré-frontal). Plus de tâches on automatise, plus on devient capable d’être multitâches.

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Un autre aspect duquel on doit tenir compte lorsque l’on parle d’exécuter plus d’une tâche en même temps est la capacité attentionnelle. Le niveau d’attention et de concentration doit être directement proportionnel au nombre de tâches traitées simultanément.

En effet, on doit garder la concentration dans ce que l’on est en train de faire, tout en développant la capacité à changer l’objet en focus. Il faut imaginer la pensée comme de la lumière, dispersée dans toutes les directions. Maintenant, imaginez cette lumière concentrée comme dans une lanterne que l’on peut diriger vers où il faut. Avec cette lanterne, on peut changer l’objet sur lequel on se focalise, mais la lumière restera toujours concentrée de la même manière.

Être multitâche implique une gestion optimisée de l’espace et de l’énergie mental. Dans ce contexte, l’organisation et la planification deviennent des outils essentiels. Il est inutile d’essayer d’exécuter des tâches demandeuses d’énergie, alors que l’on est mentalement fatigué.

La capacité de s’observer et parvenir à savoir quel est son niveau d’énergie mentale constitue la base nécessaire pour développer sa capacité d’attention, de focus, ainsi que la capacité à être multitâche. Il existe un certain nombre de techniques qui nous permettent d’entraîner et de développer ces capacités, ainsi que d’augmenter le niveau d’énergie mentale.

Après tout, plus on entraîne le cerveau, plus il se développe et élargit ses capacités, en devenant plus performant, c’est-à-dire, en faisant plus de choses avec moins d’effort et en dépensant moins d’énergie. Avoir une bonne performance mentale est redoutablement important dans le milieu professionnel. Mais il est aussi incontestable que la performance mentale est intimement liée à notre qualité de vie d’une manière générale. En apprenant à mieux utiliser son cerveau, en ayant plus d’énergie mentale et en apprenant à le reposer quand il faut, on arrive à épargner de l’énergie et de l’espace mental pour la créativité, pour le loisir, pour bien gérer le stress et d’autres activités, contribuant à un meilleur style et qualité de vie.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Le comportement : une question de paradigme

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Le mot paradigme tient son origine du grec ancien paradeïgma qui signifie « modèle » ou « exemple ». Un paradigme peut être défini comme une représentation du monde, une manière de voir les choses. C’est une forme de rail de la pensée qui peut aussi faire obstacle à tout changement et à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées. Les paradigmes tendent à différer selon les groupes sociaux et à changer dans le temps en fonction de l’évolution des connaissances. La notion de paradigme était initialement rattachée au domaine des sciences et de la philosophie. Mais, finalement, elle peut être appliquée à l’être-humain d’une manière générale. Le comportement humain est souvent guidé par des paradigmes. Nous pensons et nous agissons sans nous demander pourquoi nous continuons à penser et à agir comme nous le faisons quand il existes des alternatives. Et c’est pour cela qu’il peut être relativement facile de créer un paradigme, mais une fois qu’il est instauré, il est très difficile de le changer ou de le remplacer par un autre.

Pour mieux comprendre comment des nouveaux paradigmes sont créés, vous pouvez regarder la vidéo ci-dessous. La vidéo est en portugais mais les dessins parlent d’eux-mêmes.

Un groupe de scientifiques plaça cinq singes dans une cage et, au milieu de celle-ci, un escabeau avec des bananes en haut. À chaque fois qu’un des singes tentait de grimper à l’escabeau, une douche glacée aspergeait automatiquement les autres. Au bout d’un certain temps, à chaque fois qu’un des singes essayait de grimper sur l’escabeau, les autres le frappaient par crainte de prendre une douche glacée. Bien entendu, il arrive un moment où tous les singes ont appris la leçon et aucun des singes ne se risqua plus à grimper sur l’escabeau malgré la tentation de la banane.

Les chercheurs décidèrent alors de remplacer un des singes. Celui-ci découvre rapidement que lorsqu’il veut attraper une banane les autres lui tapent dessus. Quelques raclées plus tard, le nouveau membre de la communauté avait appris à ne plus grimper sur l’escabeau, sans même connaître la raison de cette interdiction.

Un deuxième singe fut remplacé et subi le même sort que le premier. Celui-ci, d’ailleurs, se joignait aux autres pour le battre dès qu’il tentait de grimper sur l’escabeau.

Chacun des autres trois singes ont été à leur tour échangés à des intervalles adéquats et le processus se répéta. ls subirent le même sort chaque fois qu’ils tentèrent de grimper sur l’escabeau.

Le groupe de cinq singes restant à la fin de l’expérience, bien que n’ayant jamais reçu la punition de l’eau froide, continua à frapper tout nouvel arrivant qui tentait de monter sur l’escabeau pour attraper une banane, comme le groupe le leur a appris.

S’il était possible de parler avec ces singes et de leur demander pourquoi ils frappent ceux qui tentent d’attraper la banane, je parie que leur réponse serait : « Je ne sais pas, mais ici ça a toujours été comme ça »

Ce comportement ne vous semble-t-il pas familier ?

Soyons plus conscients et plus libres : repensons nos habitudes, pensons en dehors du cadre, changeons nos paradigmes !

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

Le mental des champions

Le cerveau humain est aussi complexe que fascinant. Un savant réseau de circuits électriques neuronaux interconnectés lui permet de contrôler les activités de l’être humain, à tous les niveaux : physique, énergétique, émotionnel et mental. Le système nerveux contrôle et coordonne les fonctions du corps, lui permettant ainsi de répondre à son environnement et d’agir sur lui.

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Ce complexe réseau s’établit à travers la transmission de l’information nerveuse (courant électrique) entre les divers types de neurones composant le cerveau. L’information circule d’un bout du neurone à l’autre sous la forme d’une charge électrique, et passe ensuite d’un neurone à l’autre grâce à la libération de neurotransmetteurs dans les synapses, qui sont le point de contact entre les terminaisons nerveuses.

Grâce aux synapses et aux neurotransmetteurs, le réseau neuronal et les processus mentaux qu’il produit sont en constante évolution. De vieilles synapses meurent, de nouvelles sont créées, les synapses existantes sont renforcées ou affaiblies. Sur le plan pratique, plus un processus mental est utilisé, plus il se renforce.

Cette machinerie cérébrale nous donne la capacité unique d’imagination, c’est-à-dire, de créer mentalement des images. En plus, notre cerveau ne fait pas la différence entre ce que l’on imagine et ce que l’on vit en réalité, dans le sens où les même circuits sont activés et les même réactions sont déclenchées dans les deux cas. Ainsi, à travers cette imagerie mentale, nous sommes capables de renforcer certains circuits mentaux et de vivre physiologiquement et émotionnellement une situation avant qu’elle ne soit une réalité physique.

En observant le fonctionnement de notre cerveau, nous nous rendons compte que notre monde est avant tout la concrétisation de ce qui est produit par notre imagination. Tout commence par une idée.

L’imagerie mentale ou mentalisation constitue ainsi un outil puissant pour modifier et développer des comportements, ainsi que des émotions. Cela consiste à vivre une expérience mentalement, en activant tous les sens qui y sont liés, en tentant que l’action imaginée soit au plus proche de la réalité.

Dans le sport, la mentalisation est redoutablement efficace. Les sportifs haut niveau sont en général de bons imageant. Les sportifs les plus efficaces en match ont des capacités à s’imaginer vivre des moments de réussites, des moments où leur technique, leur physique et leur mental sont parfaits. Ils arrivent plus facilement et plus efficacement à vivre intérieurement ces moments de réussite.  Cette capacité d’imagerie leur est très utile car le cerveau ne fait pas de différence avec l’expérience réelle. Celui-ci emmagasine en mémoire les gestes techniques, et les attitudes associées, dans la mémoire. L’imagerie favorise ainsi la mise en place d’automatismes de réussite. Dans le sens inverse, si le sportif visualise un échec, un élément technique raté ou un autre comportement négatif pour la performance, l’expérience va également être stockée en mémoire. Il est donc important d’entraîner des visualisations positives. Le cerveau n’enregistre pas le « ne… pas ». Si nous pensons, par exemple, « je ne peux pas manger de chocolat aujourd’hui », notre cerveau retiendra « manger du chocolat », cette information sera conservée dans notre subconscient, et nous passerons notre journée à penser au chocolat. Toute information enregistrée dans le subconscient va, à posteriori, et inconsciemment, diriger notre comportement.

Cette capacité de mentalisation est très utile dans le domaine sportif, mais elle s’applique aussi bien à tous les domaines de la vie et elle peut être entrainée. Il existe de nombreuses techniques nous permettant de développer et d’améliorer cette capacité.

Le monde dans lequel nous vivons est plus mental que physique. Il est recréé à chaque instant et peut être transformé par une idée. Autrement dit, ce n’est pas la force physique qui compte pour l’accomplissement de nos objectifs, mais plutôt le pouvoir des idées.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.

L’essentiel est invisible… pour nos yeux

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On voit le monde à travers une vision personnelle et restreinte, qui n’est jamais celle des autres.

Nous supposons que ce qui est une évidence pour nous, l’est aussi pour les autres. En général, nous avons une grande difficulté à expliquer notre point de vue en menant l’autre à suivre notre chemin mental ou de voir à partir du même angle. Il est possible que cette difficulté résulte, d’une part, de notre peine à avouer que notre point de vue soit simplement un parmi d’autres possibles, n’étant pas une vérité absolue. D’autre part, cela résulte probablement de notre propre difficulté à penser avec la tête de l’autre, à voir à travers ses yeux , depuis sa perspective.

Nos interprétations sont toujours l’amalgame de nos expériences vécues, de notre état émotionnel, de nos peurs et de nos attentes. Ainsi, chaque individu représente un univers, dans lequel on risque de rester enfermé, si on ne prend pas la décision d’élargir ses horizons et de voir l’univers beaucoup plus large qui existe dehors.

Bien trop souvent, on se tait quand on devrait faire l’effort de bien s’exprimer. On parle quand on devrait faire l’effort de se taire et de bien écouter. Et c’est ainsi que l’on crée progressivement un chemin de mésentente et de conflit.

Se mettre à place de l’autre est une preuve d’humilité et d’intelligence. Cela constitue un effort plus herculéen qu’on ne pense, mais il s’avère indispensable pour surmonter tout conflit. Bien évidemment, gérer les conflits ne se resume pas seulement à avoir cette capacité, mais cela représente une première étape très importante et cruciale.  La bonne nouvelle c’est qu’il suffit de s’entraîner, sans cesse.

Ce qui est très intéressant, c’est que plus on apprend à voir à travers d’autres yeux, plus notre monde s’ouvre à d’autres formes, d’autres couleurs, d’autres possibilités. Notre conscience s’élargit et on commence à voir plus clair, comme sous une grand-angulaire.

Le message à retenir c’est qu’il n’existe pas de vérité absolue et il n’existe presque jamais une seule interprétation possible pour toute chose. Toute est une question d’angle, de perspective, comme par exemple dans les images que vous pouvez voir ci-dessous. Et finalement, si le plus important dans la communication est de transmettre un message, notre point de vue n’a plus aucune importance, puisque ce n’est qu’à travers la perspective de l’autre qu’on arrivera à lui faire passer le message. Après tout, l’essentiel est invisible… pour nos yeux.

3 ou 4 ?

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6 ou 9 ?
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Lapin ou canard ?

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 Ce text à été inspiré du texte de la Professeur Yael Barcesat publié  ici.

Renata Coura

Entrepreneur et Professeur, née à Rio de Janeiro et Directeur Pédagogique de l’Ecole Rive Gauche de la Méthode DeRose à Paris.  Chercheur en Neurosciences à l’Inserm. Consultant en qualité de vie, amélioration des performances et neuromanagement.